12.12.14

From Sydney to Byron Bay

Les trois belles premières semaines de notre périple.


Je profite d'un des rares moments où j'ai internet et l'électricité (c'est la deuxième fois, en fait) pour enfin écrire un article. J'ai attendu super longtemps parce que j'avais un peu la flemme, un peu pas le temps et un peu pas de batterie sur mon ordi, et du coup maintenant j'ai beaucoup trop de choses à dire mais je vais essayer de ne rien oublier.

Le mercredi 19 novembre, on est parti de Sydney le midi et on s'est arrêté après environ deux heures de route, dans un endroit qui s'appelle Tea Gardens. Avec un nom comme ça, ça ne pouvait que bien se passer. C'était un parking/aire de pique-nique où on avait pas trop le droit de camper normalement, mais comme tout le monde le faisait, on l'a fait aussi. Tea Gardens est sur la rive nord de la baie de Port Stephens, mais on était sur une sorte de bras qui s'avançait dans la baie comme ça:

Nous = petit point rouge

Du coup, on avait la rivière face à nous:


Et derrière, si on prenait un petit chemin qui traversait la mini-forêt/marais, il y avait ça:



Plutôt pas mal donc. On est resté trois jours à cet endroit, pour bien se détendre, se reposer et faire comprendre à notre cerveau que les vacances avaient commencé. On s'est bien installé et notre campement était cool:



On avait même une douche faite maison avec un jerrican accroché à un arbre et un tuyau mais j'ai perdu la photo.

Le premier jour, on s'est levé, on a petit-déjeuné, je me suis installée dans le hamac et j'ai dormi pendant trois heures. Le reste du séjour n'a pas été beaucoup plus productif: on a mangé, dormi, bu du thé, fait du tuba, bronzé, et... Voilà. Quand je dis bronzé je veux bien sûr dire qu'on a pris des coups de soleil, et l'un de nous continue de peler à ce jour (indice: son prénom commence par un S). J'ai une photo mais par respect je ne la mettrai pas sur le blog (envoyez-moi un mail pour l'avoir en privé hihi).


Le dernier jour, on voulait prendre le ferry jusqu'à Nelson Bay, de l'autre côté de la baie, pour voir des dauphins et aller faire les courses à Coles (on s'était fait avoir le jour d'avant dans une mini-supérette où on avait payé $18 pour de l'huile d'olive, des tomates et du pain). La compagnie de ferry disait que les passagers voyaient des dauphins dans 95% des traversées. Ce jour-là, il faisait pas beau et bien sûr on n'a vu aucun dauphin (à part deux ailerons timides dans la rivière au départ).

Tristitude.

A Nelson Bay, on s'est un peu baladé, le Coles avait fermé et on n'avait rien à faire même si c'était plutôt joli.



Du coup on est allé au restaurant avant de reprendre le ferry dans l'autre sens (toujours pas de dauphins).

On a repris la voiture pour aller dans le parc national de Myall Lakes, où on voulait passer la nuit. Sur la route, on s'est arrêté à un moment, on a pris un petit chemin de sable qui montait et quand on est arrivé en haut on était au milieu du désert.

Les dunes de Mungo Brush

On s'est arrêté sur une des nombreuses aires de camping qui bordent la route, le long du lac de Boolambayte, qui est très très grand. Le lendemain matin, on a pris un ferry à cable (je sais pas si ça s'appelle comme ça) pour le traverser à un endroit où il est très étroit.



Après s'être arrêté dans une ville qui s'appelait Bulahdelah pour goûter les tourtes célèbres de la boulangerie locale (selon le Lonely Planet), qui étaient en fait pas géniales, on a continué à rouler à travers le parc, le long des lacs, pour finalement arriver à Seal Rocks, tout au bout du parc, une mini-péninsule qui donne sur la mer, avec un phare tout en haut.


Derrière le phare, il y avait cette plage:


C'était magnifique, l'eau était transparente, il n'y avait personne, on avait chaud, alors on est allé se baigner. Petite histoire pas très rigolote: les panneaux que l'on voit à l'entrée de presque toutes les plages de la côte, comme celui-ci:



Eh ben en fait les trucs qu'il y a écrit dessus sont vachement utiles. Par exemple si on s'en était souvenu avant d'aller faire les guignols dans l'eau avec la GoPro, on se serait peut-être moins fait emporter par le courant et on aurait pas eu autant de mal à nager jusqu'à la plage. Fin de l'histoire pas très rigolote. Petite histoire pas très rigolote n°2: regardez bien l'eau avant de vous baigner. Regardez très attentivement.


Vous l'avez vu?


Voilà voilà. On dirait que c'est juste une tâche noire mais en fait c'était un requin, et il y en avait d'autres, et c'était une demi-heure après qu'on se soit baignés au même endroit, lilalilalou. Inutile de préciser que maintenant on fait assez attention.


Le soir, on s'est posé dans une aire de camping au milieu d'une forêt dont je ne sais pas si elle s'appelait Coopernook ou Landsowne State Forest parce que googlemaps est pas très fort en délimitations. C'était une des deux en tout cas.

Et le lendemain, on est arrivé à Port Macquarie, une des plus grosses villes d'Australie, et une des plus géniales selon mon classement personnel puisqu'elle contient un hôpital pour koalas. OUI OUI VOUS AVEZ BIEN LU C'EST UN HOPITAL OU IL N'Y A QUE DES KOALAS ET AUSSI DES BEBES KOALAS ET DES PELUCHES KOALAS ET DES STATUES DE KOALAS.



Gros koala repu.

Un koala plutôt pépouze.

Une grosse peluche avec un serpent en plastique pour éloigner les pies qui venaient picoter la peluche: les pies sont stupides.

On est resté deux jours à Port Macquarie (ou trois je sais plus), pour profiter du wifi gratuit de la bibliothèque et des douches gratuites (bien que froides et hyper agressives) de Flynn's Beach. Après, on est parti et on s'est arrêté dans le parc national d'Arakoon pour visiter la prison de Trial Bay, qui était opérationnelle pendant la seconde guerre mondiale parce que l'Australie internait tout les hommes considérés comme ennemis de la nation, c'est-à-dire tous les hommes d'origine allemande, même ceux qui étaient naturalisés australiens. Il y avait aussi des détenus en fin de sentence qui venaient ici pour apprendre un métier avant d'être libérés.

Trial Bay Gaol

La prison est située au bord de la mer, et les détenus étaient censés constuire une digue pour que la baie puisse abriter un port, mais les travaux n'ont pas beaucoup avancé:

Le petit tas de pierres au bout c'est la digue.

Dans l'enceinte de la prison, il y avait des kangourous qui chillaient tranquillou.



A l'entrée, il y avait un panneau qui disait de ne pas les approcher parce qu'ils pouvaient être agressifs. Comme quoi la prison ça te change un kangourou.

Stop suivant: Nambucca Heads, où j'étais déjà allée avec une de mes classes de l'université. Il faisait moins beau cette fois-là, et on a vu un bébé dragon:



On est arrivé à un endroit de la côte du New South Wales où il y avait particulièrement beaucoup de forêts tropicales/parcs nationaux, juste avant Coffs Harbour. On a pris la Waterfall Way, une route touristique qui traverse la région de Bellingen jusqu'à Armidale, en passant par des endroits jolis avec des cascades.
On a fait un arrêt à Dorrigo, une petite ville gentille et accueillante qui a reçu le prix de la ville la plus "tidy" du New South Wales en 2008. Ça fait un peu village des bisounours.


On a fait une petite randonnée dans le Dorrigo National Park, qui abrite une des forêts du Gondwana, un ensemble de forêts tropicales protégées en Australie. Il y avait une "randonnée" de trente secondes qui consistait en une seule passerelle qui donnait sur un point de vue à couper le souffle, mais qui coupait un peu moins le souffle à cause de la brume.

Mais c'était pas mal quand même.

Et sinon on a fait une autre randonnée d'environ deux heures dans la forêt elle-même. En anglais, ça s'appelle une rainforest - forêt pluvieuse, autrement dit. Eh bien ça porte bien son nom. La végétation baigne dans le brouillard, tout est humide et collant, et il a commencé à pleuvoir au milieu de notre balade.

On a vu des grands arbres.


Des gros arbres.


On est aussi passé sous une cascade et sur un pont suspendu. C'était cool au début parce qu'il y avait des lianes enroulées bizarrement autour des arbres.


Et après c'était moins cool parce qu'il pleuvait et qu'on transpirait en même temps à force de marcher vite.

Avant d'entrer dans la forêt, on avait vu un panneau comme ça:


Le truc hautement dégueu en haut à droite est une sangsue, mon cauchemar ultime depuis que j'ai vu un type se faire dévorer par des sangsues géantes dans King-Kong.

Après avoir fini notre rando, on a vu ça:


C'était après que je l'aie arrachée de mon genou en hurlant et en gesticulant. 

La magie de la forêt tropicale a opéré une nouvelle fois un peu plus tard dans notre voyage, quand on continuait sur la Waterfall Way et qu'on est entré dans une autre forêt pour voir une cascade. Il faisait beau quand on roulait, et dès qu'on est entré, la brume est arrivée:


Deux minutes après, il pleuvait. Et quand on est ressorti, le soleil est revenu. C'est pas une blague!

On a vu plein de cascades le long de la Waterfall Way:

Dangar Falls
Et les paysages étaient magnifiques. Il y avait des vaches partout, parfois même sur des portions de route, avec des chiens de berger dans des toutes petites cabanes sur le côté de la route.


On a dormi sur une aire de camping au nord d'Armidale, qui s'appelait Mother of Ducks Lagoon, un nom assez rigolo qui s'est expliqué quand je suis descendue de la voiture et que j'ai vu une ribambelle de petits canetons noirs et fluffy s'éparpiller dans tous les sens dans les herbes hautes. Mignon. Le spot était super beau:


Et on a eu droit à un joli coucher de soleil, peut-être pour compenser le fait qu'on a crevé de froid pendant la nuit.

Le lendemain, on a refait la route en sens inverse en prenant des chemins un peu différents pour arriver à Coffs Harbour, où j'étais aussi déjà allée avec l'université. C'est là qu'on a vu le premier sapin de Noël.




 On est allé à la plage, le vent nous a recouverts de sable, et on est parti. On a mangé des burgers au restaurant délicieux dont j'avais déjà parlé dans un article précédent. Ils étaient toujours délicieux. On a fait une balade digestive sur Muttonbird Island, mais on n'a pas pu attendre le coucher du soleil parce qu'on devait trouver un coin ou dormir, et conduire la nuit, c'est dangereux. Mais c'était joli quand même.


 Le "coin" qu'on a trouvé était au fin fond du Yuraygir National Park, dans la forêt, avec une rivière et la plage à cinq minutes à pieds. Le camping était plein de familles et donc d'enfants bruyants, ça nous a un peu hérissé le poil vu qu'on était tranquille depuis deux semaines mais on est pas mort. Et la plage était beeelle.


 A un moment, on se baignait et ça a failli être la petite histoire pas très rigolote n°3, quand j'ai vu un paquet d'ailerons au loin. MAIS c'étaient des dauphins car tout le monde sait que les requins ne se baladent pas en famille.


Si vous avez de bons yeux ou un bon zoom vous verrez peut-être les quelques ailerons au fond vers la gauche. Sinon.. Ben la photo est jolie quand même.

L'endroit où on s'est arrêté ensuite était un peu le paradis sur terre, mais avec des bernard l'hermites (j'ai des doutes à propos de l'orthographe de ce mot...).




C'était un bras de terre qui séparait la rivière de la mer, et notre camp était tout au bout. Ce qui voulait dire qu'on pouvait se baigner dans la rivière d'un côté, ou dans la mer de l'autre.


J'ai fait un essai dans la rivière, j'ai trouvé un bernard l'hermite, j'ai pas trouvé un endroit où l'eau arrivait au-dessus du genou, le sable était gluant, alors je suis sortie. Il y avait des douches, elles étaient froides mais c'était quand même le plus beau jour de ma vie.

Le lendemain, on est arrivé aux Blue Pools de Yamba, un endroit sur la côte où des anciennes carrières s'étaient remplies d'eau de source et où on pouvait se baigner et sauter des falaises. On a choisi la Green Pool, qui comme son nom l'indique était verte, et où la température de l'eau était parfaite.







Il y avait un arbre avec une corde pour se jeter dans l'eau, et une falaise d'où on pouvait sauter soit du milieu (genre deux mètres de haut) soit du haut (quatre ou cinq mètres). J'ai sauté du plus haut sans hésiter et avec courage (non) (j'ai mis une plombe). Simon a sauté en trente secondes avec sa GoPro, et sans crier.

L'après-midi, on a trouvé encore un endroit magique pour camper, qui était encore pas trop autorisé mais DIANTRE que c'était beau:


Notre voiture est sur le petit parking rond tout à gauche.

Il y avait la plage à dix secondes, des douches (toujours froides), le centre-ville à dix minutes et d'autres français qui une fois qu'ils se sont aperçus qu'on était français aussi, ont entrepris de devenir nos amis immédiatement et de nous raconter toute leur vie en moins de dix minutes, le tout en nous proposant de boire l'apéro au moins trois fois (à 11h30 du matin).

On est resté deux nuits à cet endroit, Simon s'est acheté une canne à pêche (pour enfant) et nous a pêché un dîner qui ma foi était plutôt délicieux.

Chef Turmel en pleine préparation du repas self-pêché.

Et enfin, après ça, on est arrivé à Byron Bay! Byron Bay est la ville qui ressemble à l'idée que tous les français (et sans doute tous les étrangers) se font de l'Australie. La population de la ville est constituée à 80% de filles (dont 70% en maillot de bain et/ou short très court), 60% de surfeurs, 65% de backpackers et.. le reste (oui ça fait beaucoup de % mais les catégories ne sont pas exclusives). Tout le monde est pieds nus, les gens sont relax et sympa, tout le monde est habillé en hippie.

Ce à quoi ressemblent la plupart des magasins.

Grâce au Lonely Planet, on a trouvé la boulangerie/café/restaurant la plus merveilleuse du monde. La bête insatiable qui se terre dans mon estomac a fait un saut périlleux quand elle a vu cette vitrine:




Et elle a commencé à danser la samba en voyant les gâteaux:




Je n'ai pas de mots pour décrire le carrot cake divin que j'ai eu le bonheur de goûter (et qui m'a calée pour la journée). C'était sublime. Ils avaient des cookies de la taille de muffins et des muffins si énormes que la pancarte plantée dedans disait "Death by muffin". Bref, si un jour vous allez à Byron Bay, mangez un truc chez Twisted Sista, ou vous ne connaîtrez jamais le bonheur. Merci.

Sinon, on a pris des cours de surf et maintenant on a trop le swag et on est devenu hyper fort. Non je rigole. Mais on s'est bien amusé.


Eh ouais, même en été il fait froid dans l'eau. Fin d'un mythe.


Et on a tous les deux pris une planche dans la tête. Mais on n'est toujours pas mort.

Hier, on est allé au Cape Byron et a un moment on était au point le plus à l'Est du territoire australien (sans compter les îles). La vue était comme ça:



Là, on est posé depuis hier soir à Nimbin, dans une auberge de jeunesse/camping. Pour que vous compreniez bien le contexte, voici la description de Nimbin sur wikipédia:

"Nimbin est un village australien, localisé en Nouvelle-Galles du Sud à 
780 kilomètres de Sydney et peuplé par une communauté de hippies. 
Nimbin est un village rural jusqu'en 1973, quand, lors du festival du 
Verseau, un grand rassemblement d'étudiants, d'altermondialistes, de 
hippies et de fêtards investissent les lieux. L'événement attire 
l'attention des autorités et des services de police qui constatent 
que les hippies consomment de la marijuana. De nombreux participants 
au festival se sont alors installés pour former des communautés, certaines 
fédérées autour d'une philosophie mais la plupart sans idéologie particulière. 
Depuis lors, le secteur a attiré de nombreux auteurs, artistes, musiciens, 
acteurs, écologistes, adeptes de la permaculture, petits fermiers et autres 
utopistes en quête d'une société nouvelle. Lors du recensement de 2001, le 
village comptait 779 habitants. L'endroit fait partie de la Rainbow region et 
est un lieu important de la culture des aborigènes Bundjalung."

Voilà. La rue principale (la seule rue?) de Nimbin est pleine de petits magasins hippies qui vendent des fringues délavées arc-en-ciel, de l'encens, des herbes et des trucs de hippies.



Notre auberge s'appelle Rainbow Retreat, c'est comme une auberge normale sauf que les pièces sont éparpillées dans un champ. Là, par-exemple, c'est une des cuisines:


Un très petit salon:


 Les sanitaires, où tout le monde laisse son linge à sécher et des affaires de toilette sur les lavabos:



Ai-je précisé que les douches sont chaudes et que c'était le plus beau jour de ma vie? Voilà.

Le gars à l'accueil est asiatique, rasta et coiffeur à ses heures perdues (il propose des coupes pas chères aux gens de l'auberge). Il parle tout doucement et sourit tout le temps.


News flash:

Tout à l'heure, un gars est passé à fond la caisse sur une tondeuse à moteur à côté de notre voiture et a descendu la pente qui mène au campement près de la rivière, un peu plus bas. On a entendu un gros BOUM et puis plus rien. Simon a fait à moitié en rigolant "Eh t'as entendu, y'a eu un gros bruit si ça se trouve il est mort". Trente secondes après, un type nous a appelés à l'aide en demandant un téléphone. Le type était rentré dans un arbre et il a été évacué en hélicoptère. Il s'est cassé un bras, les deux poignets, une côte, tassé la colonne vertébrale et aussi un truc à la hanche. Voilà voilà. La bonne nouvelle: c'est lui qui a donné des nouvelles sur facebook donc il va bien (enfin tout est relatif).

On est bien dans ce coin tranquille avec des hippies partout. En ce moment même, Simon joue du ukulélé en plaquant toutes les paroles qui lui passent par la tête sur les quatre mêmes accords. On a prévu un petit barbecue ce soir, et il fait beau et chaud. Tout va bien!


C'est presque la fin de cet article mais avant, je veux faire une petite rubrique "Faune australienne" parce que l'Australie, c'est pas que les kangourous et les koalas!
Allons-y:


Faune et flore australiennes: épisode 1



Les oiseaux

Ici, les oiseaux sont en général plus jolis - ou au moins plus cools - qu'en France. Démonstration:

Kookaburra rieur

Oiseau dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom

Oiseau dit "au masque jaune" (appellation pas du tout confirmée)

Et d'autres que je n'ai pas pu prendre en photo. En revanche, la majorité de ces oiseaux exotiques et agréables à la vue ont des cris très horribles. Celui qui est sur la première photo a un cri qui ressemble à celui d'un singe, et parfois, ils se font des réunions tupperware sur des branches et ils se mettent tous à crier en même temps et on dirait qu'une bande de macaques a décidé de faire la fête au-dessus de ta tête. Et ce à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit (à cinq heures ce matin, par exemple). Il y a un corbeau dont le cri ressemble à un mélange entre bêlement de chèvre et pleurs de bébé mutant (je crois que j'en ai déjà parlé). Il y a un oiseau non-identifié qui fait un cri super inquiétant, comme les trois petites notes qu'il y a dans les films quand il va se passer un truc grave. Et ainsi de suite.

Et sinon, ici, il y a des choses qui s'appellent des outardes d'Australie. Ça a l'air cool mais ça ne l'est pas. Sur l'échelle du cool, ça se situe quelque part entre le pigeon et la poule.
Les outardes sont des dindons sauvages. Oui. Ils se baladent dans les forêts tropicales, dans les parcs, et parfois dans les zones habitées.


Les dindons en pleine pause café.


C'est un peu nul, un peu ridicule et ça sert à rien.

Les créatures aquatiques

Quand on était à Tea Gardens, la forêt/marais qui nous séparait de la plage était pleine de petits crabes multicolores.



Il y avait la version verte et jaune aussi.

A Nambucca Heads et à quelques autres endroits, on a vu des méduses bleues super dégueu, parfois petites mais y'en avait aussi des grosses:




Selon google, leur piqûre est douloureuse mais sans danger. Super.

Les reptiles:

Ouiii ma partie préférée. Vous savez les lézards qu'on a en France? Ici y'en a aussi, mais ils sont un peu plus gros.



Cette chose est sortie des buissons à moins de deux mètres de nous quand on campait dans le parc de Yuraygir et s'est baladée pépouze pendait qu'on la suivait avec l'appareil photo comme des gros touristes. Et ça grimpe aux arbres aussi:



Sinon on a vu un serpent sur la route de Coffs Harbour:


Et une biche qui voulait absolument se faire écraser.



Je sais, les biches ne sont pas des reptiles. Mais j'allais pas faire une nouvelle catégorie juste pour elle.



C'est finiiiii! Bravo à ceux qui ont lu tout ça d'un seul coup. La suite prochainement, dès que j'aurai à nouveau internet et une prise de courant, ce qui arrivera... quand ça arrivera. D'ici là, caillez-vous bien les fesses avec vos faibles degrés français! Bisous!


PS: sinon à Byron Bay je me suis acheté un kit palmes/tuba/masque rose. Simon est jaloux et il a prévu de me les voler. Photo(s) à venir.





18.11.14

Time to hit the road!

Ça y est, c'est le grand départ, on s'en va demain midi pour trois mois de road trip plus ou moins planifié le long des côtes et au milieu du désert australien. Au programme: Brisbane et la Gold Coast, la Sunshine Coast, Cairns et la grande barrière de corail, les forêts tropicales du nord, des tas de parcs nationaux, Darwin, des crocodiles, des méduses, des serpents, des scorpions, des araignées, le désert, Uluru et Alice Springs, des grands lacs, Adelaide et la vallée de Barossa, Melbourne et la Great Ocean Road, et... Sydney, à la fin. 

Itinéraire indicatif.

Au cas où on trouverait pas d'internet avant février, joyeux noël et bonne année! Et comme dirait Simon: "Moi je suis content, et je fais des bisous à tout le monde". 


 Cheers!

15.11.14

L'auberge australienne

Les hauts, les bas et les entre-deux de la vie dans une maison pleine de garçons.


Je sors tout juste de ma période d'examens (qui n'en était pas vraiment une puisque je n'avais pas d'examens, seulement des devoirs à rendre), ce qui explique que mon blog ait été un peu à l'agonie depuis trois semaines. Mais après des journées entières passées à la bibli, des dizaines d'articles académiques lus et analysés et plus de huit mille mots écrits, je suis enfin libre. Enfin presque, il me reste encore un petit mémoire à écrire, mais j'ai encore le temps de procrastiner.

J'en profite donc pour vous faire un article sur la magnifique maison dans laquelle je vis depuis quatre mois, et les choses étranges qui s'y passent. La voilà:



Elle est belle hein? En plus elle donne sur la plage, il y a un grand jardin avec une piscine derrière, et un jacuzzi sur la terrasse du haut.


Non je déconne. En vrai elle est à une heure de la plage, elle a un "jardin" riquiqui avec des feuilles mortes à la place de l'herbe et trois fils à linge dont deux cassés et elle est comme ça:

C'est celle sous la flèche rouge avec du bordel sur le balcon (non, c'est pas notre chambre qui a un balcon).

Quand je l'ai choisie au début du semestre, c'était surtout pour le prix: mes colocs étaient tellement désespérés à l'idée de trouver quelqu'un qu'ils me proposaient une réduction sur le prix de la chambre jusqu'à ce que Simon arrive. Du coup c'était à peu près valable, ou du moins plus valable que la chambre idéale que je venais de visiter avec une salle de bain privée, un placard géant et une petite échelle de secours pour aller sur le toit, qui coûtait $385 par semaine. Par semaine. SEMAINE. Nous, on paie $320 par semaine, pour une chambre de taille raisonnable avec un lit double dans une maison un peu vieille et abîmée. Ça fait 893€ par mois, soit un peu plus que ce qu'on payait pour un T2 à Paris. Bienvenue dans le pays le plus cher du monde (ça s'entend pas mais il y a un certain degré d'amertume dans mes propos).

Bref, c'est cher. Et en plus, ça les vaut pas vraiment. La maison est très grande, même si elle en a pas l'air vu du dehors. C'est pareil pour toutes les terrace houses, elles sont super étroites mais très longues, avec des pièces en enfilades. Par contre, elle est aussi très vieille, et ça se voit: la moquette est sale, la peinture s'écaille, les cadres des fenêtres sont tout sauf étanches (températurement et sonorement parlant), et il y a des CAFARDS. Mais apparemment il y en a aussi dans les maisons modernes (dixit une amie qui vit dans une maison moderne). En fait, il y en a partout - ils se baladent aussi dans la rue, sur les trottoirs, le soir quand il commence à faire un peu chaud. Et ils sont gros. Très gros. Un peu comme les chauves-souris et les araignées (c'est du vécu). Et comme tous les animaux flippants et dégueu dans ce pays.

En outre, les choses de la maison qui sont cassées le restent trèèès longtemps. En témoignent les carreaux du couloir, de la cuisine et de la salle de bain, le mixeur qui du coup est à présent dans la poubelle mais que personne ne remplace, l'étagère de la porte du frigo qui ne peut plus rien contenir de lourd, la machine à laver qui fuit, le canapé qui a perdu un pied, les fenêtres qui se referment toutes seules si tu mets rien pour les coincer, la serrure de la porte qui s'ouvre une fois sur cinq, et le four à gaz qui ne s'allume qu'avec des allumettes/un briquet parce que le bouton est bloqué (ce qui implique de mettre sa main au fond du four et essayer de ne pas se brûler).


Mais sinon, la maison est sympa: salon super cosy avec des canapés ultra-moelleux qui t'aspirent quand tu t'assois:


Cuisine beaucoup trop grande et pas très bien aménagée mais au moins il y a la place pour faire du skate (encore du vécu):


Et petit canapé posé devant la maison (et devant les poubelles) pour la conversation philosophique du soir en regardant les étoiles (qu'on ne voit pas à cause de la pollution/des nuages) et la chauve-souris géante qu'on a appelée Jean-Michel Chauve-Souris.


Comme vous pouvez le voir sur cette photo, il ne fait pas bon vivre dans cette maison quand on est une plante. Le petit arbuste rabougri et sec et presque chauve (rapport qu'il a perdu toutes ses feuilles) de la salle de bain peut en témoigner.



On est six à vivre ici. Faisons un petit portrait de chaque habitant:


- Moi. Je pense pas qu'il y ait besoin d'un portrait.

- Simon. Idem.

- Jose. Il est australien mais originaire de je sais plus quel pays d'Amérique du Sud, il fait des études de musique, il joue de la guitare et il chante très bien, il est fan de Bill Murray et il adore le thé et  jouer aux échecs.

- Dillon. Il est né au Royaume-Uni, il fait des études un peu multi-disciplinaires (i.e. j'ai pas compris ce qu'il faisait comme études), il aime prendre des vidéos bizarres des autres colocs en train de faire des choses bizarres déguisés en trucs bizarres*, il est fan de Bill Murray et il adore le thé et jouer aux échecs.

- Evander. Il est australien, il fait des études de philosophie, il a une coiffure assez rigolote qui change selon les jours (chignon, tignasse de sorcière, gomina à la James Bond), il porte des t-shirts kitsch avec des dauphins, il est fan de Bill Murray et il adore jouer aux échecs.

- Sean. C'est le petit frère d'Evander, il fait des études de médecine (enfin un truc du genre), il se rase la tête tous les cinq jours, il joue du piano, il est fan de Bill Murray et il adore le thé et jouer aux échecs. Et dessiner. 
 

*voir compte instagram dillontyrrell.


Je pense que vous avez réussi à trouver les caractéristiques communes de ces jeunes gens qui forment une petite communauté assez homogène: le thé, les échecs et Bill Murray. Le thé coule à flots dans cette maison, je crois même qu'ils en boivent plus que moi (ce qui est en soi assez extraordinaire vu que j'ai dû faire augmenter le chiffre d'affaires de Twinings de 150% depuis juillet). Les films d'auteurs sont monnaie courante (il y a une collection de films japonais obscurs dans la cuisine dont je n'ai jamais entendu parler), et leur film préféré d'après ce que j'ai compris est The Life Aquatic de Wes Anderson - qu'ils m'ont fait regarder deux semaines après mon arrivée. C'est rigolo. Ils adorent aussi les Triplettes de Belleville, que je n'ai jamais vu et dont l'extrait qu'ils m'ont montré sur youtube m'a mise profondément mal à l'aise. Et aussi, le jeu d'échec a sa place attitrée et permanente sur la table du salon, où il ne cesse d'occuper bien des longues soirées d'hiver. Et de printemps. Et aussi d'autres moments de la journée.

Ça fait une atmosphère très particulière dans la maison, à la fois je m'en foutiste parce que quand même c'est que des garçons qui ont la vingtaine, mais aussi très cultivée, créative et ouverte sur le monde: ils regardent plein de films étrangers et écoutent tous les genres de musique (du classique au rap en passant par de la musique indienne), ils se font des sessions lecture à voix haute dans le salon, et ils se mettent en scène dans plein de vidéos bizarres où ils font des trucs inattendus.

Vidéo de Jose dans une session lecture du Petit Prince:



Vidéo de Jose en train de faire du vélo dans la maison, et d'essayer de dire "Je suis un cycliste" avec Dillon:



Voilà, c'est le genre de trucs qui arrivent de façon random dans la maison. Autres exemples de trucs random sur lesquels je suis déjà tombée en rentrant:
- Sean en train de se tatouer le mollet
- Sean en train de tatouer le pied d'un ami
- du matériel de tricot
- du fenouil (juste du fenouil, comme ça, sur l'étagère du salon)
- des vélos alignés dans le couloir
- un matelas au milieu du couloir
- Jose et Evander qui portaient exactement le même pull ringard:


 Là, ils étaient en train de cuisiner.

Jose et Evander adorent cuisiner, surtout des grosses marmites de légumes, de curry, ou de n'importe quel plat épicé mangeable avec du riz ou des pâtes. Et généralement, c'est plutôt très bon. La semaine dernière, Jose a fait un rôti de porc avec des pommes de terre et des patates douces au four, c'était à tomber.


Globalement, la vie est plutôt sympa. Par contre, la maison est le lieu de deux phénomènes encore inexpliqués à ce jour, et qui peuvent être plutôt emmerdants.

1. Le fantôme de la cuisine

Personne ne l'a jamais vu, personne ne sait à quoi il ressemble, mais il est bien là: parfois, sans explication, de la nourriture disparaît du frigo ou de l'étagère, et on ne la revoit plus jamais. Bizarrement, personne ne s'en rend compte à part nous, parce qu'il n'y a pas d'étagères attitrées dans le frigo et que du coup tout est mélangé et qu'on (i.e. les gars) ne sait plus qui a acheté quoi (même si je mets toujours mes affaires ENSEMBLE au MEME ENDROIT, nom d'un chien).

 2. La distorsion du continuum spatio-temporel

C'est la chose la plus bizarre qui se passe ici. Je lui ai donné ce nom-là parce que le phénomène est totalement inconnu et n'a pas encore d'appellation scientifique. La distorsion du continuum spatio-temporel, en gros, c'est quand les horaires changent selon la pièce où tu te trouves. Par exemple, dans notre chambre, quand il est trois heures du matin, ben parfois il est que neuf heures du soir dans la chambre d'à côté, et du coup les gars écoutent de la musique à fond; ou alors, il est midi dans la cuisine et ils chantent/crient à pleins poumons. Ce qui est encore plus étrange c'est que ça n'arrive que dans les autres pièces, et toujours quand c'est la nuit dans notre chambre.



Mais sinon des fois les gars se réveillent imprégnés de l'esprit de M. Propre et ils font un grand ménage dans la cuisine et le salon (pas la salle de bain quand même, faut pas exagérer). Qui redeviennent sales et en bordel au bout de deux jours parce que personne ne range/fait la vaisselle.

En conclusion, c'était un semestre sympa et cette maison est sûrement plus confortable que la voiture dans laquelle on va vivre pendant trois mois, mais je suis pas effondrée de partir. J'aurais adoré vous mettre le lien vers l'annonce que les gars ont faite pour trouver de nouveaux colocs parce qu'elle est hilarante et ils ont fait des vidéos super drôles pour aller avec, mais je n'y ai pas accès. Si un jour je la trouve, je la link direct!


Bisous bisous! Ici il fait 36°!


Update: 

J'ai trouvé l'annonce! La voilà:

"Picture this: You're strolling down the bustling, vibrant streets of Glebe, 
full of beautiful/handsome people and you think to yourself "Hmm, Wow. I sure 
wish I could be one of these beautiful/handsome people". You keep walking, 
and notice a magical terrace, each inhabitant you catch a glimpse of, seems 
to be the embodiment of the "Glebe Beautiful/Handsome Paradigm".
Time is now. You can be a part of 'Handsome Boy Modelling School' - the international 
forum for theories surrounding 'Bill Clinton's Belligerent Cigar'. Is it too good to 
be true? Maybe. However, we here at the Handsome Boy Modelling School 
have never known anything to be "too good to be true'".
Features Include: Welcome brochure with 7% discount coupons for nearest 
corner store (acceptance not guaranteed) . A kitchen, which probably features 
some of the most advanced technology in the whole house. A living room, 
ergonomically designed and furnished to facilitate the eradication of all stress-related
 discomfort. Misc; really cool and high ceilings.
$340p/w (Everything Included).
For an interactive tour, head to instagram.com/handsomeboymodellingschool
Enrol now! Don't miss out of this once in a lifetime opportunity!"


/

"Imaginez: vous vous promenez tranquillement le long des rues vibrantes et 
animées de Glebe, pleines de gens beaux et charismatiques, et 
vous vous dites: "Hmm, waouh, j'aimerais bien faire partie de ces gens 
beaux et charismatiques". Vous continuez à marcher, et vous remarquez
 une maison enchantée, dont chaque habitant que vous apercevez 
semble être l'incarnation du "paradigme beauté/charisme de Glebe". 
L'opportunité est à saisir. Vous pouvez faire partie de l'Ecole des Mannequins 
Hommes Charismatiques - le forum international hébergeant les théories 
sur le Cigare Belligérant de Bill Clinton. Est-ce que c'est trop beau pour être vrai? 
Peut-être. Mais sachez qu'ici, au sein de l'Ecole des Mannequins Hommes 
Charismatiques, nous ne trouvons jamais rien "trop beau pour être vrai". 
Sont inclus dans l'offre: une brochure de bienvenue contenant des coupons 
de 7% de réduction à l'épicerie du coin (acceptation par le magasin non 
garantie); une cuisine, qui contient probablement la technologie la plus 
avancée de la maison; un salon, dont la conception et les meubles ont été 
conçu ergonomiquement pour faciliter l'éradication de tout inconfort lié au 
stress. Autres: des plafonds très hauts et super cools.
$340 par semaine (tout inclus)
Pour profiter d'une visite interactive, cliquez sur instagram.com/handsomeboymodellingschool
Inscrivez-vous dès maintenant! Ne ratez pas cette opportunité unique!
"



N'oubliez pas de cliquer sur le lien, c'est rigolo.